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Pantsir syria destroyed

Destruction du Pantsyr syrien par l’armée israélienne: Très vite sortir du magico-superstitiel

Que l’armée israélienne réussisse à détruire un système de défense aérienne Pantsyr S1, ne représente pas la fin d’un mythe, comme c’est présenté par de nombreux amateurs et même quelque experts dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas la fin d’un mythe car en termes de guerre il n’existe aucun équipement magique ou mythique, seule la bonne formation des hommes, la bonne planification et la bonne exécutions des plans font que les guerres se gagnent ou non.

Dans le cas de l' »incident » du Pantsyr qui  a eu lieu jeudi dernier à l’aube sur une base aérienne syrienne, il faut d’abord restituer les faits connus ou visibles:

Pantsir syria

  • Le système a été touché par un ATGM longue distance de type Spike NLOS (non lign of sight) tiré d’une plateforme terrestre ou un hélicoptère.
  • Les dégâts concernent surtout la cabine et l’avant du véhicule, mais c’est dur de dire s’il est réparable.
  • Les images après l’attaque montrent que la batterie n’était pas active, le radar était désactive, les vérins stabilisateurs étaient levés et les tubes lance missiles étaient tous vides.
  • Le Pantsyr se trouvait sur une piste d’aviation sans protection d’autres systèmes de DAT. Un groupe de soldats était à 50 mètres du véhicule et un Lt Colonel était à coté (il perdra la vie dans l’explosion).

Quelles sont les faiblesses des systèmes de DAT?

c’est connu, les systèmes de défense anti aériennes, sont vulnérables à l’ensemble des projectiles ne dégageant pas de chaleur, ou n’ayant pas de surface suffisamment grosse pour réfléchir les ondes radar. Cela va de la balle de moyen calibre, à la petite bombe guidée, en passant par les roquettes, les obus de canons, les obus de mortiers ou les missiles anti-chars. La portée de ces armes n’est généralement pas trop grande, sauf dans le cas des bombes guidées ou des roquettes (y compris le NLOS). Pour les balles et roquettes anti chars, cette distance va de quelques mètres à 10 km. Pour les autres types de roquettes et missiles, elle va de 15 à 100 Km. Ce qui place pratiquement l’ensemble de ces moyens « mortels » dans une enveloppe de protection moderne assez accessible pour des armées modernes.

Pour peux que soient assurés des systèmes de protections actives et passives et des systèmes d’interdiction.

Quelles ont été les failles dans le cas syrien?

  • La présence du Pantsyr sur une piste de base aérienne est totalement incongrue. La piste est elle-même une cible, superposer des cibles c’est donner l’occasion à l’ennemi de faire coup double.
  • L’absence de couverture par un second Pantsyr actif  est bizarre, elle aurait peut-être diminué le chances de hit.
  • Le fait que l’ennemi ait pu s’approcher à 25 Km de la cible est une faille dans le périmètre de sécurité.
  • L’absence de protections passives du terrain, comme des talus, des niches, ou des murets de protection surexpose le système aux tirs obliques et latéraux.
  • La présence même d’un système de DAT non armé, donc inutile, dans un espace dégagé en temps de guerre est une faute de l’équipage. Un système désarmé doit-être caché dans un hangar ou bien approvisionné immédiatement sur le champ de bataille.

Il y a donc trois problèmes majeurs, un souci de sécurité opérationnelle (infiltration); un souci de doctrine d’emploi de l’arme (absence de couverture) et un souci de rigueur des équipages (utilisation en terrain dégagé, non réapprovisionnement de l’arme..).

Quelles mesures pour protéger ce genre d’équipements?

Menadefense, s’était penché sur cette question il y a six ans dans un article sur la protection des S300.

D’abord et avant-tout, ne jamais prendre la guerre à la légère ou sous-estimer l’ennemi. La sécurité opérationnelle est primordiale. Un véhicule à roue est par essence un véhicule qui se déplace. La mobilité est une des bases de la sécurité opérationnelle. Un ennemi ne pourra jamais endommager un système qui ne se trouve pas là où l’on s’attend. Si la mobilité est difficile, il faut minimiser l’exposition d’un système orienté vers le haut. De simples talus ou des murs de sacs de sables ont la capacité d’arrêter la plupart des balles, encaisser la plupart des roquettes ou obus et minimiser l’effet de projectiles plus gros.

Assurer la couverture mutuelle de systèmes et adopter des routines de réapprovisionnement efficaces en munitions, augmentent les chances de survie des équipements et des équipages.

Enfin, du personnel bien entraîné, des missions bien planifiées, des équipes totalement autonomes et enfin une connaissance exacte de l’environnement immédiat (ISR), sont un minimum face à une armée comme Tsahal.

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