L’ambassade des États-Unis à Alger a annoncé, le 20 juillet 2026, l’ouverture d’un sous-bureau de l’attaché juridique du FBI (Law Enforcement Attaché, ou LEGAT) auprès de sa mission diplomatique. Un message publié en arabe et en anglais sur son compte X y voit “une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre les États-Unis et l’Algérie sur des priorités communes en matière d’application de la loi”.
️ يسرّنا الإعلان عن افتتاح المكتب الفرعي للملحق القانوني لمكتب التحقيقات الفيدرالي بسفارة الولايات المتحدة في الجزائر، في خطوة جديدة تعكس متانة التعاون بين الولايات المتحدة والجزائر في مجال إنفاذ القانون والقضايا ذات الاهتمام المشترك.
ومن خلال التعاون الوثيق مع شركائنا…— US Embassy Algiers (@USEmbAlgiers) July 20, 2026
Le Tweet metionne : “sous-bureau”, pas “bureau”. Alger reste donc sous l’autorité du LEGAT régional de Tunis, qui couvre déjà l’Algérie, la Libye et la Tunisie depuis l’ambassade américaine. Le FBI n’installe donc pas un poste autonome, mais une antenne permanente rattachée à ce dispositif régional ; jusqu’ici assuré à distance depuis Tunis.
Ce retour intervient une quinzaine d’années après le retrait du LEGAT de plein exercice qu’Alger avait accueilli dans les années 2000, dans la foulée du renforcement de la coopération antiterroriste post-11 septembre. Le reste du dispositif américain s’est effrité par la suite, par à-coups : le bureau de l’ICITAP (formation des enquêteurs) a fermé il y a six ans, suivi deux ans plus tard par celui de l’OPDAT (appui aux magistrats et procureurs).
Le programme ICITAP a continué d’exister sous forme d’ateliers ponctuels, sans présence permanente. En novembre 2025 puis en mars 2026, des sessions ont réuni à Alger magistrats, officiers de police judiciaire et analystes de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), centrées sur le traçage des flux en cryptomonnaies et la lutte anti-blanchiment, dans le sillage de la mise en conformité algérienne avec les standards du GAFI.
Cette mise en conformité a payé le 22 juin 2026 : le GAFI a annoncé la sortie de l’Algérie de sa liste grise, vingt mois après son inscription. Le dossier, ouvert en octobre 2024 après que l’organisme eut pointé des lacunes dans le dispositif algérien de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, s’est soldé par une décision que la présidence algérienne attendait de longue date.
Un mois à peine sépare la sortie de la liste grise de l’annonce du retour du FBI. Difficile d’y voir une coïncidence : Washington attend généralement qu’un partenaire soit jugé conforme aux standards anti-blanchiment avant d’y redéployer des capacités d’enquête financière.
Le choix du sous-bureau plutôt que du LEGAT plein en dit long sur la prudence de la manœuvre. Wellington, en Nouvelle-Zélande, a fonctionné huit ans comme sous-bureau de Canberra avant d’être élevé au rang de poste autonome en 2025. Rien ne dit qu’Alger suivra le même chemin, mais le précédent montre que ce format sert souvent de galop d’essai avant un engagement plus large.
Le programme LEGAT compte aujourd’hui une centaine de bureaux et sous-bureaux dans le monde, chargés de la liaison avec les services de police et de renseignement des pays hôtes sur le terrorisme, la criminalité transnationale, la cybercriminalité et l’entraide judiciaire. Le sous-bureau d’Alger vient s’y greffer dans une région où la présence américaine restait, jusqu’ici, concentrée sur Tunis.
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