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Taser X26P

La discrète saga Taser en Algérie

Sujette à un taux de criminalité galopant ces dernières années l’Algérie a beaucoup misée sur la police ces vingt dernières années, en la dotant de beaucoup de moyens et en maintenant le rythme des recrutements. De nouvelles unités ont été créé pour adresser les problématiques liées à la délinquance et au grand banditisme. On citera dans le cas de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) le GOSP (Groupement des opérations spéciales de police), une unité d’élite équivalent du Raid et la BRI (Brigade de recherche et d’intervention). On a vu l’émergence de nouveaux équipements dont des armes non létales comme le Taser.

Le Taser a fait sa première apparition en Algérie en 2006 dans sa version X26E. A cette époque, la DGSN avait commandé 1000 unités pour test. Elles les avaient réparti sur trois régions quelques modèles sur les éléments des Brigades mobiles de la police judiciaire (BMPJ). A cette époque, le fournisseur avait été défaillant, il n’a pas pu assurer une livraison régulière ni la formation des formateurs. Cela a eu pour effet sur les policiers de mal maîtriser leurs équipements, provoquant quelques accidents et dépôts de plaintes par des citoyens.

A cette époque la ligue des droits de l’homme s’était insurgée contre l’utilisation abusive de cette arme non létale. La police a fini par retirer l’arme du service en 2009 et à cesser les contacts avec le fabricant américain, ou du moins avec son représentant en France.

En 2012, changement d’approche de la part de Taser qui désigne un consultant local NK Consulting pour gérer les relations directement avec la Police. Cela tombe avec la sortie d’un modèle plus performant et mieux sécurisé, le X26P.

Taser X26PFin 2012, la DGSN signe pour 6000 unités avec un package complet de formation.

A ce jour, 150 armuriers formateurs ont été entraîné à former les policiers à l’utilisation des pistolets électriques. Ils ont subi 3 formations de cinq jours par groupes de 50. Ils ont tous reçu un certificat officiel de formateur Taser. Les 150 ont tous subi, au moins, une décharge électrique. Car c’est la règle, à chaque dotation d’un pistolet électrique, le policier doit accepter de subir les effets de son arme.

Cela permet de responsabiliser les agents de l’ordre à l’utilisation du Taser et de leur donner une idée précise des douleurs qu’il inflige.

Aujourd’hui, le Taser X26P est utilisé par la BRI, le GOSP, la police du métro, les services de protection et même par les agents de l’ordre public.

Le Taser comme arme de dissuasion massive?

Selon le feedback recueilli du terrain, l’efficacité de cette arme est dissuasive.

Il faut comprendre que la police algérienne a, depuis une quinzaine d’année, adoptée une politique stricte d’interdiction d’utilisation d’armes à feux. Même s’il est agressé au couteau, un policier n’a pas le droit, sous peine de radiation et de poursuites judiciaires, d’utiliser son arme, même pour se défendre. Le seul cas où c’est toléré c’est dans le cas d’une confrontation avec un ennemi portant une arme à feu.

« Le Taser a, dans ce cas a un effet dissuasif et donne au policier plus d’assurance dans son travail », nous explique un officier qui a adopté très tôt cette arme. Et d’ajouter « il est très très rare d’entendre parler d’un cas d’utilisation lors d’une mission, le Taser porté à la ceinture de manière ostensible effraie et calme très vite les esprits ».

Selon les données du fabricant, 84% des individus visés par un Taser finissent par se rendre sans violence et sans que le policier fasse usage de son arme. A titre d’exemple, une neutralisation avec un bâton de police d’un suspect conduit dans 75% des cas à des blessures, parfois sérieuses.

Le Taser a aussi beaucoup de détracteurs, il est jugé comme pouvant devenir une arme de torture ou bien provoquer la mort.

Aujourd’hui, l’Algérie est devenue le plus grand utilisateur de Taser X26P en Afrique. L’entreprise américaine, qui est devenue depuis 2017 Axon, a aussi introduit ce modèle auprès de la Gendarmerie Nationale et compte proposer des caméras individuelles pour les policiers (Body cams) aux forces de l’ordre algériennes.

Axon se propose de réinventer le métier de policier en numérisant son travail, la collecte d’informations et d’indices, grâce aux caméras embarquées sur les véhicules et les policiers et grâce aux capteurs qui signaleront la prise en main de l’arme à feu ou du taser du policier à ses supérieurs.

L’adoption des body cams par certaines polices comme celle de la Géorgie ou de l’Ukraine ont permis la réduction de la corruption ou des passes droits et ont augmenté l’assiduité des membres des forces de l’ordre. Se sentant surveillé, l’agent sera protégé contre les fausses accusations. Il lui sera presque impossible d’agir de manière non réglementaire ou de refuser de faire son travail.

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