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De quoi Kaya est-elle le nom?

Tout le monde s’accordait à dire que le Mali était le maillon faible du Sahel, une sorte d’Afghanistan en moins peuplé dont le régime s’écroulerait au moindre coup de vent. La tempête nous est venu d’un Burkina, groggy après l’attaque d’Inata qui a eu lieu le 14 novembre dernier et qui a fait 57 morts entre civils et militaires, qui est entrain de vivre une insurrection contre la présence française au Sahel.

Cinq  jours après la débâcle d’Inata, des milliers de jeunes se sont rassemblé à Kaya, plus grande ville du Nord du Burkina pour empêcher le passage d’un convoi d’approvisionnement de la force Barkhane venant de Côte d’Ivoire et qui se dirigeait vers le Niger pour rejoindre Gao au Mali. Les slogans des manifestants sont durs : “non à l’ordre néocolonial! dehors l’armée française! Libérez le Sahel!”. Ce convoi était constitué d’une soixantaine de camions et de véhicules blindés et était constitué d’une centaine de soldats français de la force Barkhane. Deux jours plus tôt des incidents avaient éclaté à son passage par Ouagadogou et Bobodiolasso, suite à la propagation d’une rumeur avait enflammé les passions: “ce convoi allait servir à approvisionner les terroristes”. Dans ces deux villes, la gendarmerie a dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, à Kaya la situation sera différente.

« Ce matin, la tension est montée d’un cran entre les manifestants et les soldats de l’armée française, qui ont passé la nuit sur un terrain vague. Alors que des manifestants tentaient de s’approcher du périmètre, des soldats ont procédé à des tirs de sommation », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) une source locale jointe à Kaya. Les tirs feront au moins trois blessés parmi les jeunes qui ont barré la route au convoi.

« L’armée française se repliera. Elle ne dormira pas cette nuit ici. » C’est l’annonce faite dans l’après-midi par le gouverneur de la région du Centre Nord aux manifestants. Casimir Segueda leur a demandé de libérer le passage pour permettre au convoi militaire français de rebrousser chemin vers Ouagadougou en attendant de trouver un nouveau chemin de sortie.

Un visage deviendra le symbole de ce face à face inattendu, celui d’Aliou Sawadogo, un préadolescent de la ville qui a pu abattre un drone de l’armée française avec un lance pierre. Il ne s’agissait que d’un drone pour filmer et documenter l’avancée du convoi, il appartenait à l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense et pas aux troupes combattantes, mais l’effet est là et l’image a vite fait de faire le tour du monde.

Réplique des autorités burkinabaises, internet est bloqué sur l’ensemble de territoire pour éviter la propagation de l’insurrection.  L’information est confirmée par le site de surveillance netBlocks, mais cette mesure n’a pas dissuadé les manifestants à poursuivre leur blocus.

De quoi donc cette poussée de fièvre est-elle le nom? un sentiment d’abandon? une peur du lendemain après le départ de la France? le sentiment de s’être fait gruger par l’ancienne puissance coloniale?

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