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Algérie, 15 ans de guerre aérienne contre le terrorisme! (Part 1)

189e2a35003f0b09bdeba06a8ba4381fNous publions cet article paru dans la revue Scientifique et Technique Russe «Экспорт вооружений» (Arms Export) car nous estimons que l’exemple de la guerre aérienne contre le terrorisme a été un cas d’école dont pourraient s’inspirer de nombreux pays qui font face à ce phénomène.
L’histoire de l’Algérie est liée à celle de l’aviation. C’est à Alger, en 1908 qu’à eu lieu le premier décollage d’un avion motorisé en Afrique. En 1912, l’armée de l’air française installe à Biskra le premier escadron militaire en Afrique. En 1958, en plein milieu de la révolution algérienne, le Front de Libération Nationale, prend la décision d’envoyer des centaines de cadres se former l’étranger, partis eux une soixantaine de futurs pilotes et techniciens aéronautique. L’Algérie n’était pas encore libre mais disposait déjà de plus de pilotes que le Maroc et la Tunisie réunis. En 1961, les premiers pilotes algériens sont invités par l’union soviétique ils seront formés au pilotage de chasseurs mig15, de transporteurs Antonov et d’hélicoptères Mi4. Ces derniers sont envoyés au Maroc, pour servir à livrer des armes pour les maquis de l’Ouest. Fin juillet 1962, quelques jours après l’indépendance, l’armée de l’air algérienne aligne des chasseurs Mig15, des avions de transport et des hélicoptères Mi4. Depuis le début, les autorités algériennes ont accordé de l’importance aux forces aériennes et ont lié son destin à celui de l’aviation soviétique puis russe.
Pays socialiste, l’Algérie a participé aux deux guerres israélo arabes en 1967 et 1973 et à plusieurs actions militaires en Afrique. En 1988 l’Algérie a connue ce qui sera appelé par la suite le printemps arabe, il en découlera une montée de l’islamisme et le basculement de dizaines de milliers d’algeriens dans le terrorisme. La première attaque terroriste majeure a eu lieu le 29 novembre 1991. Un groupe de terroriste s’est attaqué à une petite caserne de gardes frontières près de la petite ville de Guemmar dans le désert, pas loin des frontières avec la Tunisie et la Libye. Huit soldats avaient été tués et mutilés. L’armée nationale populaire avait entamé rapidement des recherches pour anéantir ce groupe et des le premier jour à dépêche eux hélicoptères Mi25 (version export du Mi24d) pour appuyer les troupes au sol.
Cette action inaugura la guerre aérienne contre le terrorisme qui dure jusqu’à aujourd’hui et qui peut être divisée en trois périodes : 1991-1997 la guerre totale, 1998-2010 la reprise en main, 2011-2015 les nouveaux défis.
Au début de l’année 1993, un nombre important de terroristes islamistes étaient dans les montagnes du nord du pays, chaque jour des dizaines d’attentats contre les forces de l’ordres et les infrastructures civiles étaient commis dans toutes les grandes villes du pays. Les assassinats de policiers et de militaires étaient fréquents et le recrutement frôlait le zéro. Au début des années 90 l’armée de l’air algérienne alignait une centaine de mig 21, une quarantaine de mig 23 BN, 16 Su 24, une trentaine de Mi17 et Mi8, une trentaine de Mi24A et de Mi25, des Mi2. La formation se faisais sur L39 et Mi2.
L’ordre de bataille était classique et ne comportait pas de réelle composante COIN, encore moins dans la formation. L’armée de l’air algérienne, se concentrait sur la police de l’air et la domination de l’espace aérien, à part les Su24, les capacités de bombardement relevaient du support au sol. Avec une très faible capacité de reconnaissance aérienne, l’armee de l’air algérienne, comme le reste de l’armée populaire nationale étaient complètement inadaptés pour la lutte contre insurrectionnelle, contre un ennemi invisible, caché dans les villes et les montagnes et qui bénéficiait de la maîtrise du terrain.
A partir de janvier 1992 et l’arrêt du processus électoral en Algérie, l’ensemble des pays occidentaux ont imposé un embargo sur les ventes d’armes, l’union soviétique n’existait plus et la Russie naissante vivait une crise majeure, ce qui a fait que la première moitié des années 90 à privée totalement l’armée algérienne d’armes et de munitions, il aura donc fallu beaucoup d’ingéniosité pour faire face au terrorisme.
Première mesure, concentrer les moyens aériens autour des zones touchées par le terrorisme.incorporer des officier de liaison des forces aériennes à l’intérieur des groupes de combats, afin de faire la liaison, guider les frappes, assurer les évacuations sanitaires ou l’approvisionnement. Véritables tours de contrôle humaines, les OLFA ont joué un rôle important dans la lutte anti terroriste. L’arme privilégiée de l’AAF a été le Mi 17 qu’elle utilisait pour débarquer des groupes de combats sur les sommets de crêtes tout en assurant la reconnaissance et l’appuie.
La méthode consistait généralement à envoyer des tandems de Mi17, qui faisaient des tirs de saturation avec leurs roquettes S6 ou S8 sur les flancs de montagnes, pour empêcher les terroristes de descendre de la montagne ou de la forêt, tandis que les commandos les prenaient par le haut.

Cette méthode n’était pas sans risques, avec le temps les terroristes avaient appris à tendre des embuscades aux hélicoptères. Ils attendaient le moment où les appareils piquaient pour tirer leurs salves de roquettes pour tirer sur les verrières des pilotes qui étaient plus visibles. En tout et entre les tirs et les pannes techniques l’AAF a perdu en dix ans une douzaine de Mi17. Jusqu’en 1995, les mig 21 et 23 étaient utilisés pour bombarder des cibles au sol ou des regroupements de terroristes, plusieurs appareils ont été perdus à cause de problèmes techniques et leur efficacité a été très relative.
L’appareil qui a été véritablement une aubaine pour l’AAF, a été le L39 Albatros. L’armée de l’air algérienne a été la première à découvrir et exploiter les capacités de CAS et de COIN de cet appareil d’entraînement. En y ajoutant des paniers roquettes et des canons ou des bombes lisses, ce petit appareil rapide et au coût de maintien en condition opérationnelle minime a été la bête noir des terroristes surtout dans l’Ouest de l’Algérie.
À partir de 1997 les terroristes ont commencé à perdre du terrain face à l’armée et le terrain est peu à peu reconquis. Une des parades trouvée par le gouvernement pour s’approvisionner en équipements militaires à été d’utiliser la puissante firme d’hydrocarbures Sonatrach, pour acheter certains équipements sensibles. Pour assurer la sécurité des installations pétrolières et les pipe-lines, l’Algérie est autorisée à acheter des équipements de surveillance aérienne. C’est à ce moment que le projet « Pellerin » est né.
Le principe était simple, couvrir la majorité du pays avec des relais radio-electriques pour transmettre les images en temps réel des caméras qui seront installées sur des hélicoptères et des aéronefs. Ce projet, même s’il n’a jamais été mené à termes a radicalement changé la doctrine de l’AAF, qui depuis, misera tout sur l’ISR. Les premiers appareils reçus avec un équipement optronique furent des hélicoptères écureuils Ec145 avec des Flir. Leur doctrine d’utilisation était simple, accompagner les Mi24 V nouvellement reçus et les Mi 171, identifier les mouvements suspects et marquer les cibles. Cette méthode a réduit l’exposition des hélicoptères d’attaque et a diminué les pertes tout en augmentant les succès. Les Mi24 volaient en formation de trois appareils qui encerclaient une zone en tournoyant dans le ciel, jusqu’à ce qu’un des appareils attaque la cible au sol avec ses roquettes ou son canon, ou parfois avec des bombes lisses, tandis que les autres appareils le couvraient. Cette méthode enlevait l’initiative aux terroristes qui tendaient des embuscades et du coup l’effet de surprise donnait un avantage à l’armée de l’air. Le nouveau défi qui attend les planificateurs de l’AAF est de gagner la bataille de la nuit et c’est avec le Sud Africain ATE que ce sera fait deux ans plus tard avec le super hind.

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