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Egypte: “Opération Sirli” la France pointée du doigt

C’est un véritable pavé dans la mare qui a été lancé par le site d’investigation Disclose et qui accuse directement de complicité la Direction du renseignement militaire (DRM) française, complicité dans des exécutions extrajudiciaires contre des contrebandiers égyptiens. Une affaire qui a duré cinq ans qui démontre les relations ambigües entre Paris et le Caire sur fond de contrats d’armement.

https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/operation-sirli

L’enquête de Disclose couvre l’ensemble de l’affaire et débute en février 2016 à Marsa Matruh, la méga base aérienne chargée de protéger la façade occidentale égyptienne en Méditerranée. Une équipe de spécialiste français de renseignement électronique s’y établi pour en faire le centre de commandement d’une opération militaire clandestine de la France en Egypte. Nom de code : Sirli.

Ce sont des centaines de documents portant entête de la DRM qui ont fuité vers les journalistes d’investigations, rapports post-action, mémos, notes verbales, ces documents sont tantôt froids et distants et d’autres fois empreint d’urgence face aux dérapages constatés.

Objectif de la mission sécuriser les 1 200 kilomètres de frontière avec la Libye, en plein chaos. Le ministre égyptien de la défense avait dans une rencontre au Caire avec son homologue français, évoqué un « besoin pressant » en matière de renseignement aérien. Ordre de Jean-Yves Le Drian, alors locataire de l’Hexagone Ballard, s’engage à mettre en œuvre « une coopération opérationnelle et immédiate », dans le cadre d’une « manœuvre globale contre le terrorisme ». Elle prendra la forme d’une mission officieuse pilotée par la DRM à partir de Marsa Matruh.

Pour l’execution de la mission, point d’appareils de l’Armée de l’Air française. C’est vers une officine de renseignement privée que se tournera la DRM pour fournir les vecteurs chargés de collecter les renseignements, CAE Aviation, qui connait d’ailleurs bien la Libye et la Tunisie où elle y effectue de fréquentes missions pour le compte d’armées de l’OTAN à partir de Malte ou de l’île de Pantelleria au Large de Tunis.

En tout dix agents français sont déployés : quatre militaires et six anciens de l’armée recrutés par CAE Aviation qui mobilise un avion léger de surveillance et de reconnaissance (ALSR) de type Merlin III. Leur mission est de surveiller les convois entrant illégalement de Libye, l’équipage est systématiquement accompagné d’un officier égyptien qui est chargé de l’écoute et la transmission des coordonnées à son armée. Devant le succès de cette couverture aérienne, les autorités égyptiennes demandent à passer au temps réel et à raccourcir au maximum la boucle de transmission des informations. Cela permettra aux avions chargés de “traiter” les cibles d’intervenir immédiatement.

Quid de menace terroriste dans la région, ce sont essentiellement des contrebandiers et des migrants qui traversent illégalement cette frontière, ces derniers deviennent la cible prioritaire de l’aviation égyptienne. Le bilan est effarant “Selon les documents « confidentiel-défense » obtenus par Disclose, les forces françaises auraient été impliquées dans au moins 19 bombardements contre des civils, entre 2016 et 2018. Les frappes détruisant souvent plusieurs véhicules, le nombre de victimes pourrait se chiffrer à plusieurs centaines. Selon les critères de la résolution 56/83 de l’Assemblée générale des Nations unies, la complicité de la France dans ces exécutions illégales serait donc établie.” rapporte le site d’investigations.

L’ancien patron de la DRM nie avoir été informé. Christophe Gomart, avait assuré aux reporters de Disclose que ses services n’avaient « jamais donné de renseignement ayant permis, à [sa] connaissance, d’aller détruire des civils ou d’aller exécuter des gens. » e d’ajouter: « Si j’avais fait un tel constat, j’aurais préconisé de stopper la mission et de refaire un point avec les autorités égyptiennes. »

Pourtant plusieurs rapports et mémos de la DRM avaient indiqués l’existence de ce genre d’incidents, parmi les quels un en particulier s’avère être une bavure commise à l’encontre de citoyens qui approvisionnaient en eau un site minier.

L’opération Sirli n’a pas dit son dernier mot, un second épisode est actuellement en préparation par les équipes de Disclose/

 

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