L’Égypte s’apprêterait à commander 24 Rafale supplémentaires à Dassault Aviation, selon La Tribune. Un tel contrat porterait la flotte égyptienne à 78 appareils et confirmerait Le Caire comme premier client export de l’avion de combat français.
L’information n’a pour l’instant été confirmée ni par l’avionneur, ni par la Direction générale de l’armement, ni par le ministère égyptien de la Défense. Les reprises publiées depuis lundi renvoient toutes à la même source. Une note financière diffusée le 1er septembre évoque une Égypte « préparant une demande » portant sur 24 appareils, formulation qui situerait le dossier au stade de l’expression de besoin plutôt qu’à celui de la négociation contractuelle.
Le Caire a signé son premier contrat en février 2015, pour 24 appareils livrés jusqu’en 2019 dans un ensemble d’environ 5,2 milliards d’euros incluant une frégate FREMM et des munitions MBDA. Un deuxième contrat de 30 appareils, évalué autour de 4 milliards d’euros, est entré en vigueur en novembre 2021. Une trentaine d’exemplaires de cette seconde tranche auraient été réceptionnés à ce jour, les livraisons devant s’achever cette année. La commande de 2025 n’étant pas soldée, un troisième contrat interviendrait avant la clôture du précédent.
Le principal obstacle serait financier. Les deux premières acquisitions égyptiennes reposent sur un endettement d’une dizaine d’années adossé à la garantie de l’État français, via une assurance-crédit publique constituant un engagement hors bilan du Trésor. En 2017, l’option portant sur douze appareils supplémentaires attachée au contrat de 2015 avait buté sur les réserves de Bercy quant aux conditions de paiement demandées par Le Caire. Elle n’a jamais été levée. Compte tenu de l’état de la dette extérieure égyptienne, la décision se jouerait davantage à Bercy qu’à Saint-Cloud.
Deux inconnues techniques subsistent. La première porte sur le standard : les 54 appareils commandés sont au standard F3-R, avec une perspective de rétrofit F4.2, et un lot neuf pourrait viser directement le F4. La seconde concerne la charge industrielle de la chaîne de Mérignac, déjà mobilisée par les commandes indienne, indonésienne et serbe, ainsi que par le renouvellement des forces françaises. Un contrat signé en 2026 ne donnerait vraisemblablement pas lieu à des livraisons avant le début de la décennie suivante.
Une confirmation par une source égyptienne, ou par un communiqué de Dassault Aviation, reste nécessaire pour établir la réalité de cette négociation.
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