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Le nucléaire au coeur de la conférence de non-prolifération de Moscou 2019

Par notre Correspondant en Russie Necer Edine Ziouani
La conférence de Moscou de non-prolifération dans sa quatrième édition a été durant trois jours l’endroit où il fallait y être pour suivre le débat sur le nucléaire, le désarmement et la non-prolifération.

Un panel d’expert large de près de 300 personnes de 40 pays a rejoint la conférence organisée par Centre d’études sur l’énergie et la sécurité CENESS. La conférence était particulièrement intéressante vu la participation des officiels Iraniens et Nord-Coréens ainsi que la Haute-Représentante pour les affaires de désarmement au Nations Unies.

La région du Moyen-Orient était représentée principalement par des experts et des officiels iraniens et égyptiens, un seul participant Algérien était présent, Les officiels de pays comme les États-Unis ou Israël étaient tout bonnement absents. Le directeur du CENESS Anton Khlopkov a assuré à plusieurs reprises que des invitations ont été envoyées aux officiels Américains en particulier mais demeurées sans réponse. Plusieurs participes ont relevé cette absence durant leurs interventions ou durant les discussions informelles, et ont considéré que c’est un manque de communication, de bonne volonté et de bonne foi de la part des Américains. Le cours des interventions a donc penché en général du côté de l’Est. La Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord ont clairement dominé cette conférence.

De nombreuses conférences-débats auxquelles des experts et des officiels ont pris part sûr de nombreux sujets relatifs au contrôle d’armement, principalement au domaine nucléaire dont le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la coopération dans le domaine de l’énergie atomique, la rédaction du risque nucléaire, la dénucléarisation de la péninsule Coréenne, le Plan d’action conjointe (Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA) sur le nucléaire iranien ainsi qu’un débat sur la future conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toute autre arme de destruction massive au Moyen-Orient.

La conférence-débat sur le Moyen-Orient a sollicité de vives interventions, vu les récentes déclarations des États Unis et d’Israël de boycotter la conférence organisée sous l’égide des Nation Unies.

Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe, lors de son intervention a réitéré l’importance que son pays octroie à l’établissement d’une zone exempte d’arme de destruction massive au Moyen Orient dans le but de réduire les tensions dans la région, mais a souligné que le manque de coopération et l’opposition du Royaume-Uni et des États-Unis barre la route à la mise en œuvre d’une telle zone.

De sa part l’ambassadeur égyptien Mahmoud Karem s’est dit ouvert à l’intégration d’Israël dans le processus d’établissements de la zone en question, et a invité tous les pays de la région à se réunir pour discuter de la sécurité régionale, de la possibilité de mettre en place les mesures de confiance, définir la région, établir les responsabilités des pays nucléaires de la région et enfin formuler les procédures de vérification adéquates.

Quant à l’accord sur le nucléaire Iranien, la Russie et la Chine ont exprimé leur soutien indéfectible à l’Iran, condamné l’unilatéralisme des USA et exhorté les pays Européens à plus s’investir notamment en rejoignant Instex (une société créée en janvier 2019 par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, destinée à favoriser les échanges commerciaux avec l’Iran et éviter les sanctions américaines.) et en l’étendant au commerce énergétique.

Lavrov a même déclaré qu’«il est dans l’intérêt du monde de continuer avec le JCPOA. Le programme nucléaire iranien s’est révélé être l’un des plus transparents et des plus vérifiés.  Il devrait être préservé malgré le retrait des États-Unis». La déclaration la plus intéressante lors de la discussion sur le JCPOA était celle d’Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, déclarant que «si la récompense de l’Iran après tant de négociations devait relever des sanctions, cela voudrait dire que notre doctrine nucléaire était fausse et que nous devions la réviser. ». Araghchi a affirmé que l’Iran garde toujours la porte ouverte mais ne pense pas que l’accord sur le nucléaire iranien survivra jusqu’aux prochaines élections américaines.

 

#MoscowNuke2019 #JCPOA #MEFZWMD #NonProlifération #Désarmement #Nucléaire

 

 

 

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