Après une filiale ouverte en Ukraine l’an dernier, Delair regarde vers le sud. La société toulousaine va s’implanter au Maroc sous l’enseigne Delair Africa, avec Rabat comme base pour l’ensemble du continent. Bastien Mancini, son directeur général, vise entre 500 millions et un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030. L’Afrique entre dans ce calcul-là.
Ces clients existent déjà. Les premiers drones DT26 ont été livrés en Afrique en 2019, au Niger. Depuis, Delair a contracté avec la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Tchad, la Mauritanie et le Bénin, principalement pour des missions de surveillance frontalière et d’appui aux opérations antiterroristes. Le DT26 tient 170 minutes en l’air, décolle par catapulte en huit minutes, se pose en tous terrains. Sa baie de charge modulaire accepte des capteurs tiers – thermique, hyperspectral, détection de gaz – ce qui l’a rendu utile aussi pour des groupes énergétiques comme TotalEnergies ou Schlumberger. Pour les missions longue portée, c’est le DT46 qui prend le relais.
Depuis Rabat, Delair compte aussi développer son activité sous-marine : inspection de coques, déminage, suivi environnemental, via sa filiale marine. Un segment en croissance, qui n’a pas grand-chose à voir avec les drones militaires, mais qui entre dans la même logique : être proche des clients africains pour répondre vite.
75 millions d’euros de chiffre d’affaires visés en 2026, entre 500 millions et un milliard en 2030. L’écart est spectaculaire. L’Afrique, avec ses besoins structurels en surveillance et en sécurité des infrastructures, est l’un des paris sur lesquels repose cette projection.
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