Le 5 juin, en marge du forum économique de Saint-Pétersbourg, Sergueï Chemezov a annoncé que la filiale moteurs de Rostec était prête à fabriquer le PD-8 en série, rapporte TASS. Le régulateur Rosaviatsia a certifié le moteur le même jour, et le patron de Rostec dit attendre les premiers exemplaires de série avant la fin 2026. Avec 8 tonnes de poussée, le PD-8 doit motoriser le Superjet SJ-100 et l’amphibie Be-200.
Pour Alger, c’est le point qui débloque le reste. Sa commande de Be-200 dépend entièrement de ce moteur.
Retour en arrière. En août 2021, après une saison d’incendies catastrophique en Kabylie, le ministère algérien de la Défense ouvre des négociations pour quatre Be-200 neufs, d’une capacité de 13 000 litres chacun. Début 2022, l’usine de Taganrog lance la fabrication, et l’agence Interfax recense dix marchés de composants pour les appareils destinés à l’Algérie. FranceinfoEbourse
Puis tout cale, et la cause tient au moteur. Le Be-200 vole sur deux D-436TP ukrainiens, fabriqués par Motor Sich dans une version anticorrosion. En mai 2022, l’usine qui les produit est détruite pendant l’offensive russe. Le dernier Be-200 avait quitté les chaînes de Taganrog en 2021. Plus de moteur, plus d’avion. Wikipedia + 2
L’Algérie en paie directement le prix. En mai 2023, elle aurait dû aligner ses quatre amphibies ; seuls deux ont été livré.
Le PD-8 a justement été pensé pour cette sortir de cette impasse. Il doit remplacer le SaM146 franco-russe sur le Superjet et le D-436 ukrainien sur le Be-200. Le SaM146 avait bien été envisagé pour l’amphibie, avant d’être écarté en 2019 à cause de ses composants issus de pays de l’OTAN, jugés trop exposés aux sanctions. Restait le moteur entièrement russe. L’adaptation a ses contraintes : il faut une version résistante à l’eau de mer pour l’amphibie, et les travaux d’adaptation du Be-200 au PD-8 n’ont démarré qu’en mars 2026. La certification du 5 juin porte sur la version Superjet ; la déclinaison maritime devra suivre son propre cycle. Военное обозрение + 3
Le moteur certifié et la série lancée, l’obstacle technique qui figeait la chaîne disparaît. L’exécution de la commande algérienne redevient plausible, tout comme sa renégociation. Mais aucune annonce officielle, à Moscou comme à Alger, ne confirme pour l’instant une relance ni un nouveau calendrier de livraison. L’hypothèse repose sur la levée du verrou moteur, pas sur un engagement public des deux parties. Deux points à surveiller : la certification de la version marinisée du PD-8, et toute communication du ministère algérien de la Défense ou de Rostec sur la reprise des livraisons.
Sources : TASS (tass.ru/ekonomika/27663335)
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