Une nouvelle variante du Su-30SM2 a récemment fait son apparition, suscitant un vif intérêt parmi les observateurs de l’aviation militaire russe. Bien que les informations officielles demeurent inexistantes à ce stade, plusieurs détails visibles permettent déjà d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’un simple Su-30SM ou SM2, mais bien d’un appareil appartenant à une nouvelle phase de modernisation du célèbre chasseur biplace russe.
Une livrée inhabituelle et une identité mystérieuse

L’appareil observé porte le numéro tactique Blue 58 ainsi que le numéro 1211 inscrit sur la dérive et non pas le RF-xxxxx standard. Il se distingue immédiatement par un camouflage particulièrement sobre. Contrairement aux schémas de peinture multicolores habituellement appliqués aux Su-30SM/SM2 en service au sein des Forces aérospatiales russes ou de l’Aviation navale russe, cet exemplaire arbore une livrée bleu uni. Ce choix est souvent observé sur les appareils d’essais, les prototypes ou les avions engagés dans des programmes de validation avant leur adoption définitive.
Plus surprenant encore, aucun marquage officiel des Forces aérospatiales russes (VKS) ou de l’Aviation navale russe n’est visible sur les photographies disponibles.
Des indices visuels qui ne trompent pas

Le premier élément distinctif concerne le viseur tête haute (HUD). Contrairement aux Su-30SM de première génération équipés du traditionnel affichage holographique, l’appareil observé semble recevoir un HUD identique à celui utilisé sur le Su-35S.
Autre détail particulièrement intéressant : la verrière présente une teinte dorée caractéristique. Ce traitement métallique est destiné à réduire la signature radar de l’appareil en limitant les réflexions provenant du cockpit et des équipements électroniques. Une telle modification s’inscrit dans une logique d’amélioration continue de la discrétion électromagnétique du Su-30 dans sa version SM2.
Des feux de formation de nuit ont été ajoutés pour la première fois sur ce vecteur. Leur configuration rappelle fortement celle du Su-35S, renforçant davantage l’impression que cette nouvelle variante bénéficie directement des avancées technologiques développées pour le chasseur monoplace.
La question du moteur : l’AL-41F-1S enfin intégré ?

L’un des aspects les plus intrigants concerne la propulsion. Les nacelles moteurs paraissent légèrement plus volumineuses que celles observées sur les Su-30SM/SM2 actuellement en service.
Si cette observation est confirmée, elle pourrait constituer un indice de l’intégration du moteur AL-41F-1S, déjà utilisé par le Su-35S. Ce turboréacteur représente une évolution importante par rapport à l’AL-31FP équipant les Su-30SM de première génération. Plus puissant, plus fiable et disposant d’une durée de vie supérieure, il permettrait d’améliorer sensiblement les performances globales de l’appareil. Cela permet aussi d’intégrer dans le futur de nouvelles technologies, tels que les radars AESA et des systèmes de navigation plus évolués, voire même l’intégration de la nouvelle génération de cabine avec écrans larges qui demandent plus d’énergie.
L’adoption de cette motorisation serait cohérente avec la volonté russe d’harmoniser les équipements de la famille Flanker afin de simplifier le soutien logistique et de réduire les coûts d’exploitation.
Le grand mystère demeure le radar

Malgré les nombreux indices visibles à l’extérieur, l’élément le plus important reste encore totalement inconnu : le radar.
En l’absence d’images du cockpit, d’informations officielles ou de clichés détaillés du nez de l’appareil, il demeure impossible d’identifier avec certitude le système retenu.
Plusieurs hypothèses restent ouvertes.
La première serait le maintien d’une version modernisée du radar N011M Bars-R actuellement utilisé sur les Su-30SM/SM2. Cette solution présenterait l’avantage de limiter les coûts tout en bénéficiant d’améliorations logicielles et matérielles.
La deuxième hypothèse serait l’intégration du radar Irbis-E du Su-35S. Cette option constituerait une évolution logique compte tenu des nombreuses similitudes observées entre les deux appareils.
Enfin, l’hypothèse la plus ambitieuse serait l’installation d’un radar AESA dérivé des technologies développées pour le Su-57. Une telle évolution représenterait un bond capacitaire majeur en matière de détection, de poursuite de cibles multiples, de résistance au brouillage et de guerre électronique. À ce stade cependant, aucun élément tangible ne permet de confirmer cette possibilité.
Le renouveau du Super Flanker ?

Au-delà des besoins propres de la Russie, cette nouvelle évolution du Su-30 pourrait représenter une opportunité particulièrement intéressante pour les nombreux opérateurs étrangers. Des pays comme l’Inde et l’Algérie avec leur vaste flotte de Su-30MKI/MKM, mais également plusieurs utilisateurs de variantes Su-30SM ou dérivées, cherchent aujourd’hui à prolonger la durée de vie opérationnelle de leurs appareils tout en les maintenant au niveau des menaces modernes. L’intégration de nouveaux moteurs issus du Su-35, d’une avionique modernisée, de systèmes de réduction de signature radar, ainsi que potentiellement d’un radar de nouvelle génération, offrirait un gain capacitaire considérable sans nécessiter l’acquisition d’une flotte entièrement nouvelle.
Cette approche permettrait aux opérateurs de bénéficier d’une partie des avancées technologiques développées pour les chasseurs de génération 4++ et même de cinquième génération, tout en conservant une plateforme éprouvée, maîtrisée par les équipages et déjà intégrée aux infrastructures existantes. Pour de nombreuses forces aériennes confrontées à des contraintes budgétaires croissantes, un standard proche de ce nouveau Su-30 pourrait ainsi constituer l’une des solutions les plus rentables pour maintenir une capacité de supériorité aérienne et de frappe de haut niveau durant les deux prochaines décennies.
Pour plus de détails, il faut revenir sur notre article sur le Su-30MKI et ses dérivés.
By: SidAhmed FULCRUM
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