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Les systèmes d’autoprotection des chars à l’épreuve du feu en Syrie

apsDans le cadre de l’analyse des données provenant du terrain de la guerre de Syrie, pour laquelle nous allons consacrer un long dossier dans un proche avenir, nous voulions traiter d’un sujet essentiel, les systèmes d’autoprotéction des véhicules en Syrie.

La guerre en Syrie a été un véritable désastre pour l’arme des blindés de l’Armée Arabe Syrienne qui a perdu plusieurs milliers de véhicules à chenilles ou à roues.

Très mal utilisé au début de la guerre, le T72, malgré sa protection avec des briques réactives détonantes ERA (Russes ou Italiennes) a souffert d’innombrables pertes, dues essentiellement à cette période, aux missiles anti-tanks non guidés, RPG7 et 29 ou aux anciennes versions d’ATGM filoguidés comme l’AT3 ou l’AT4.

L’optimisation de l’utilisation des MBT (chars lourds) par l’AAS, qui avaient, au milieu de la guerre commencé à opérer sous la couverture aérienne ou le feu de saturation de l’artillerie classique ou artisanale (roquette Burkan dévastatrice) ou des Shilkas en milieu urbain, n’a pas pu arrêter les pertes, surtout après l’afflux massif de missiles anti chars guidés en IR ou Laser provenant de pays sponsors des groupes terroristes, des milices rebelles et de Daesh.

Tow, Kornet, Metis M, ont inondé le théatre syrien (aussi du coté de l’AAS qui a reçu les copies Iraniennes du TOW) à tel point que l’utilisation d’ATGM s’est étendue à l’attaque contre les bâtiments et les regroupements d’infanterie de part et d’autre des lignes de fronts.

Du coté de Daesh et des autres groupes rebelles et malgré les très nombreuses prises de guerres d’engins blindés et de chars, leur utilisation n’a jamais été concluante par manque d’expérience et d’entraînements collectifs. Daesh a très vite fait de convertir sa flotte de BMP par exemple en SVBIED, beaucoup plus efficaces comme arme de siège que comme arme de manœuvre.oryx

Les premières tentatives de modification de véhicules blindés en vue de les protéger a commencé au début de la guerre, par l’adjonction de plaques de blindages ou la construction de cages pour faire exploser les charges explosives en dehors de l’habitacle du blindé.

Cette modification donnera le T72 Adra et la Shilka Oryx du coté de l’AAS et des modifications similaires du coté de Daesh. Le BMP, trop fragile et incapable de soutenir l’explosion de briques réactives n’a pas subi de modifications profondes mis à part l’ajout de cages.

credits Oryx

credits Oryx

Malgré les modifications structurelles, les MBT et autres blindés chenillés ont continué à subir des pertes à cause des ATGM modernes. L’arrivée de l’armée russe et l’envoi de T90 sur le théatre syrien a introduit les premiers systèmes de protection active de blindés, le système Shtora 1.

En parallèle il semble que l’Armée Arabe Syrienne a réussi, vers mai 2015, à développer un système de brouillage laser et IR, qui serait appelé Birdcage ou cage à oiseaux. Ce système, aujourd’hui généralisé à une bonne partie du parc roulant de l’AAS, semble donner de bons résultats. Constitué d’une sorte de baril monté sur un mat, contenant plusieurs capteurs et alimenté par le véhicule, ce système couvre environs 220° donc l’avant et les cotés du véhicule, sa mission est de brouiller le signal ir qui dirige le missile vers sa cible.

Même concept pour le Shtora russe qui combine le brouillage Ir et Laser avec la détection et le tir de contre-mesures ou de fumigènes pour détruire en vol la roquette. Une vidéo publiée aujourd’hui démontre l’efficacité de ce système.

L’angle de prise de vue et la distance ne permettent pas de donner une description certaine de l’incident mais permettent d’émettre deux hypothèses. Mais avant de le faire commençons d’abord par ce qui est visible et quasi factuel: le T90 ciblé avait l’écoutille du chef de char ouverte, il était occupé, le canon de 12,7 téléopéré était en cours d’utilisation. Après l’explosion, le char n’a pas subi de dommages structurels et n’a vraisemblablement pas bougé. Son système de brouillage n’était probablement pas allumé, il prend la couleur rouge lorsqu’il l’est.

Première hypothese: le missile a fait son chemin jusqu’au char et a été toucher le T90 au milieu de la tourelle, juste au dessus du canon, les briques réactives ont fait leur travail et ont empêché la roquette de pénétrer.

Seconde hypothese: le missile a été détruit avant qu’il n’atteingne le char, le système de détection ayant décelé la trajectoire et fait exploser la brique era projettant des débris qui ont fait exploser prématurément la roquette.

Dans les deux cas, le système de défense (actif ou passif) a permis la protection du tank et peut-être le sauvetage de l’équipage.

En conclusion, la guerre de Syrie a démontré que la doctrine soviétique qui ne lésinait pas sur le gaspillage d’hommes au combat, avait vécu. Après cinq années de guerre asymétrique de haute intensité l’AAS, qui a perdu une bonne partie de ses hommes, commence à penser à leur préservation.

 

 

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