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L'incroyable histoire du drone Amel

Le défaut du journaliste est généralement de survoler les questions techniques en s’arrêtant seulement sur certains aspects: coût, délais de réalisations, caractéristiques générales. Il est souvent enclin aux comparaisons et aux comparatifs. Parfois, certaines aventures industrielles méritent plus qu’un coup de canif sur une feuille blanche, car elles recèlent en elles de véritables histoires à faire connaitre.
Nous sommes en août 2011, un homme montre à la caméra de l’ENTV un modèle réduit au quart d’un drone, il se présente comme son concepteur. L’appareil, roue crevée et moteur ronronnant, est quelque-part sur le parking de l’aéroport d’Alger, son supposé concepteur promet mots et merveilles, le public n’en entendra plus parler. D’ailleurs, la bonne foi du supposé concepteur aura même été remise en cause, car en réalité, cette personne aura été l’instigatrice du projet sans en être l’architecte. 

S’il est facile d’y voir un échec, il apparaît que cette expérience avait été faite sur des bases saines par une équipe d’ingénieurs, embauchés pour la circonstance par un aventurier peu scrupuleux, il en résultera la création d’une équipe, qui sera plus tard récupérée par de meilleurs “employeurs”.
Le véritable chef d’orchestre, Adel Belarbi, a fini par avoir sa chance lorsqu’il fut détecté et récupéré par le Centre de Soudage et de Contrôle de Bousmail, il y retrouvera Amraoui Nabil, autre ingénieur passionné d’aéronautique ainsi qu’une équipe d’une dizaine de personnes.
Deux choix s’offrent à eux, céder à l’urgence et concevoir rapidement un appareil en mesure de remplir les conditions requises, ou bien prendre le temps de bien faire les choses et procéder avec minutie et précision afin d’offrir une véritable plateforme permettant de concevoir et produire à échelle industrielle des avions sans pilotes.
Subissant des pressions quant aux délais, le duo finit tout de même par choisir la seconde option et, s’appuyant sur une base de données comparative de 1100 drones, s’est lancé dans l’établissement de procédures, puis qu’un cahier des charges pour enfin choisir l’appareil optimum.
Ce sera en gros un drone Tactique endurant à turbopropulsion arrière avec un rayon d’action de 200 Km.
“Si ce n’est pas le type le plus performant dans l’absolu, nous avons opté pour cette catégorie car c’est la plus commercialisée au monde et la plus pratique à l’emploi. Elle représente aussi une base de développement solide pour évoluer vers des plateformes plus évoluées”, nous confie un membre de l’équipe.

Succès technique, échec médiatique

Si, début 2013, les préparatifs allaient bon train, la majorité des pièces ayant étés conçues et réalisées et les simulations informatiques donnaient déjà de bons résultats, une annonce malencontreuse allait faire le plus grand mal au projet Amel. Devant l’opportunité qui se présentait et l’avancement positif des travaux, la tentation de céder à l’effet d’annonce a été grande. Le mot d’ordre a été lancé, à la télévision en plus, le drone Amel devait voler le 5 juillet 2013, date ô combien symbolique pour l’Algérie et les Algériens. Et il n’en fut rien…… ou presque. Car contrairement à ce qui a été dit dans la presse, si l’avion sans pilote ne vola pas à cette date. L’appareil a tout de même foulé le tarmac de l’aérodrome de Sidi Belabès le lendemain, pour des tests de roulage grandeur nature dont Secret Difa3 a obtenu les vidéos exclusives.

Les tests ont eu lieu en présence de Hafid Aourag, Directeur de la recherche Scientifique au Ministère de l’Enseignement Supérieur, grand supporter du projet ainsi que des cadres supérieurs du CSC, qui auront permis de récupérer des talents de la nature.
Si la date de parachèvement du projet n’est pas encore connue (les responsables du CSC s’étant encore engagé sur un lancement à la fin 2013, très peu probable à notre avis), il n’en reste pas moins qu’il est à son dernier virage.
Reste à l’encadrement mixte (CSC/Ministère de l’Enseignement Supérieur) de donner un dernier coup de rein pour aider le passage à la fabrication de série, en accompagnant l’équipe de recherche jusqu’au bout et en lui fournissant les équipements d’accompagnement du drone (Optronique, systèmes de guidage puissants, motorisation adéquate…..).
Autre vœu pieux de Secret Difa3, que le Ministère de la Défense Nationale, valide l’option d’une fabrication de série et qu’il offre un véritable plan de charge à l’équipe de recherche du CSC, afin qu’ils aient une visibilité économique sur le projet.
Le MDN, pourrait facilement octroyer des moyens afin d’installer une chaîne de montage au niveau de ses différentes structures (ERMAero, ECA ……), avancer une somme sur le paiement d’un certain nombre de systèmes ou se porter garante auprès de banques Algériennes. D’ailleurs, le MDN devrait s’ouvrir plus au secteur publique ou privé et aux universités, par le biais de bourses de R&D, de financement de micro-entreprises et d’appels à projets, afin de devenir un véritable moteur pour l’économie productive en Algérie.


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  1. Bonjour,

    Cet article et surtout les vidéos me laissent très dubitatif.

    En effet, votre blog me semble relativement sérieux et bien informé.

    Mais de là à envisager le développement d’une “industrie” du drone sur la base de ces images, c’est peut-être un peu prématuré.

    Tout d’abord quelques remarques:

    – comme vous et beaucoup d’observateurs, j’avais tiqué sur les photos avec le pneu crevé. Dans ces vidéos, ce qui me fait mal aux yeux (et au cœur), c’est l’état lamentable des murs et du sol du hangar. Sans parler des papiers qui jonchent le trajet jusqu’à la piste.

    Certains diront que c’est pas important, mais “le diable est dans les détails”!

    – l’environnement humain (nombre de personnes, encadrement, répartition des tâches, procédures résolution problèmes, etc.) apparaît à l’image plus improvisé que professionnel (sans parler du look “barbu sandalettes” d’un technicien qui peut avoir des convictions, mails il y a des lieux, des endroits et des moments où on fait attention à sa présentation, à son image et à l’intérêt du projet),

    – comme vous le signalez, envisager un vol fin 2013 est très improbable: le moteur fait un bruit de tondeuse à gazon: quelle motorisation, carburant, autonomie, adaptation à des conditions de vol, etc.

    Enfin au niveau du fond:

    De grandes nations militaires, conscientes de leur retard ont fait le choix d’achat sur étagère pour équiper leurs forces en drones opérationnels.

    La recherche et le développement de l’industrie du drone s’appuie d’avantage aujourd’hui sur:

    – développement des applications civiles commerciales ou sécurité civile (prévention feux de forêt, etc.)

    – innovation au niveau des mini drones

    Ce sont des objectifs plus pertinents et plus accessibles au regard de l’état actuel de l’université, de la recherche et de l’industrie algérienne.

    Une recherche rapide sur internet montre que :

    – des amateurs peuvent faire voler des modèles réduits impressionnants beaucoup plus au point que “le drone amel” (exemple http://www.youtube.com/watch?v=y5vQtFStnTk ),

    – les concours internationaux entre écoles d’ingénieurs portent sur les mini drones:
    http://midi-pyrenees.france3.fr/2013/09/20/toulouse-capitale-mondiale-des-mini-drones-pendant-deux-jours-322195.html

    http://www.insa-strasbourg.fr/fr/drone-le-concours/drone-le-concours.html

    – enfin l’effort porte sur le drone civil et sa vulgarisation (ouverture d’écoles de pilotes de drones):

    http://www.lefigaro.fr/societes/2013/06/27/20005-20130627ARTFIG00391-la-revolution-des-drones-civils-prend-son-envol.php

    Cordialement.

    Youcef B.

    • justement, l’enjeu n’étais pas de faire absolument voler quelque chose, mais de cerner le processus de l’ésquisse à la production, c’est ce que cette équipe essaye de faire. après l’aérodrome de SBA ne leur appartient pas, le pneu creuvé c’étais sur un ancien projet/bricolage. Si vous me rendez si gentiment hommage au début je vous prie de me croire quand je vous dis qu’il y a du potentiel dans cette équipe

    • Occorre considerare che le osservazioni fatte da Nala sono critiche positive.

    • Je vous souhaite bonne continuation et plein de réussite dans votre quête, personnellement je suis fier de ce que vous faites surtout avec les moyens dont vous disposez … je suis surpris de quelques comms enfin pas vraiment, mais quelle étroitesse de mentalité que de commettre ce sophisme qui consiste à rouiller ces comms de critiques vaines du genre barbu sandalettes qui peut avoir des convictions !!! c’est un jugement sur la personne qui n’a pas sa place ici … le drôle c’est que la grande majorité de la communauté scientifique ont un look bizarre mais personne n’en parle excepté Alexandre Astier dans son sketch physique quantique : révolution ou mascarade. Aussi la grande majorité des scientifiques portent une barbe. Pour dire que la science ne se soucie ni de plaire, ni de déplaire et que les vrais scientifiques eux ne se soucient pas de l’allure vestimentaire ou de l’apparence d’autrui tandis que ceux qui ont la science infuse le font. Et puis les mini-drones et les drones civils dont cette même personne fait l’apologie, la quasi-totalité de ces aéronefs sont équipés de micro-contrôleurs open source Arduino et/ou de micro-processeurs et nano-ordinateurs Raspberry PI sous l’environnement GNU/LINUX .
      derrière ceci un barbu illuminé pieds nus, en chaussettes ou encore avec ses célèbre sandales Richard stallman http://dicorinto.it/files/2007/06/rms_dicorinto.jpg
      militant de l’open source et à l’origine du projet GNU/LINUX.

  2. Ce qui m’intrigue c’est la rotation de l’empennage, si cette rotation permet de combiner deux fonctions on est là devant une innovation de taille, elle permettra de simplifier l’appareil et d’en réduire le poids.

    Bon courage pour cette initiative quoi qu’on puisse dire, il y’a du potentiel dans tout ce projet une fois la première étape franchit.

  3. Pour voir les progrès dans la matière en Tunisie:
    Tunisia Aero Technologies Industries sur Facebook: Constructeur du premier drone arabe: http://www.tati-uas.com
    International Director Africa at Unmanned Vehicle University
    http://www.uxvuniversity.com

  4. J’apporte tout mon soutien moral et technique à l’équipe Algérienne et surtout au jeune ingénieur Adel. C’est facile de critiquer mais il est difficile de concevoir, construire et intègrer un système UAS. Notre mot d’ordre de notre organisation internationale des professionnels est: “Learn from the Error”car il n’y a aucun pays au monde capable de fabriquer à 100% un système UAS.

  5. svp je vs l’ai déjà dit il faut partir avec un moteur a réaction vous devez partir de la! je vs est déjà donner la façon d’aborder la chose pour le réaliser collez y les éléments du made une china notre drone doit ressembler a un mini mig 25 avec les ailes a géométrie variable pour le décollage c’est important déployer cela augmente la portance, et en mode delta pour l’attaque et surtout il ne fera pas du 280 km/h voila cadeaux! van pp tot et surtout évité de le batiser avec les amel, cheba zlabia ou je sais quoi! baptiser le hagrab 🙂

  6. Désolé d’etre pessimiste mais on dit souvent qu’un pessimiste est un optimiste qui a de l’expérience !
    compte tenu des photos et des caractéristiques, je peux vous dire que ce projet est mort né !
    La structure rigide, les problèmes de pilotage non résolus, la distance de 200Km est une betise compte tenu de l’outil de teleguidage qui n’est qu’un simple radiocommande de modélisme (700m maxi) à cette distance l’objet devient un point ! comment savoir si’l part ou il revient ? s’il est stable ou non ? Installer une caméra nécessite de transmettre donc de s’assurer qu’il n’ y aura pas de probleme de perte de liaison , ce n’est pas un probleme de cryptage mais d’assurer la continuité de la liaison et là c’est loin d’etre gagné.
    La voilure n’est pas une voilure viable !
    Ce n’est pas parce qu’il roule qu’il volera, car dans ce cas on peut dire que toutes les voiture sont volantes potentiellement, elles font juste du test de roulage !!!!!

    L’expérience technique est insuffisante ! l’expérience managériale encore moins. quand on a un rendez vous pour le 5 juillet, le système doit deja etre en vol depuis 3 mois avant (non ?).

    Enfin, un modèle réduit n’est pas un drone ! le moteur est un 2 cylindre comustion classique, je ne vais pas vous faire un cours mais il y a 2 problemes : La poussée de ces moteurs est de la forme de K/v puissance 2
    ça signifie que la vitesse va constituer un frein, en meme temps le seul moyen de voler à plus haute altitude c’est de gagner en vitesse il y a donc un pallier limite qui fait qu’à ces altitudes la trainée est énorme et donc la consommation aussi !!!!! 6 litres à l’heure ça fait 6Kg de plus pour chaque heure de vol !! il faut donc des moteur avec compresseur pour compenser la perte de densité de l’air qui influe sur le rendement du moteur et donc sa poussée et en conclusion la vitesse de l’avion.

    De plus, comme je l’ai dit, 400m d’altitude, vous ne pouvez plus observer l’avions ! à cette altitude, vous le perdez de vu à 300m de distance et les ondes radios directes (des radiocommandes) ne feront plus aucun effet à 82Km (la terre est ronde ne l’oubliez pas).
    Vous voyez donc qu’avec la meilleure volonté, les 80 km est une limite physique (à partir de là il faut du guidage satellitaire !).

    Il y a encore tant de choses à dire qui prouve qu’ils en sont très très très loin et encore je suis optimiste.
    !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  7. ouai! ouai! si on a les drones chinois c’est qu’on est capable de les projetés au delà de ce que tu nous raconte donc ton histoire de radio liaison c’est régler 🙂 ensuite oublie ce modèle celui qui vient sera plus intéressant 🙂 et l’inquiet pas pour l’emport du carburant il sera beaucoup plus léger que son grand frère le mig 25 car il sera fait de carbone, fibre… et il y aura beaucoup moins d’éléments embarquer a bord vu qu’il se pilote de l’extérieur de plus il seront miniaturiser comme pour le reste et soustrait aussi le poids du pilote tant qu’a faire 🙂 remplace tout ce gain de poids par du carburant… inutile d’en rajouté celui la il vous fera mal au cul !

  8. j’ai toute confiance ils vont y arriver avec les dents si il le faut !

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