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Lancement du premier satellite de télécommunications algérien Alcomsat 1

Il est 17h45 heure algérienne, ce 10 décembre, 00h45 le lendemain à l’heure chinoise, la fusée Long March 3BE s’apprête à placer en orbite géostationnaire Alcomsat 1, le premier satellite de télécommunications algérien.

Il faudra 25 minutes pour que le satellite soit éjecté de la fusée à 200 Km d’altitude. Il lui faudra six jours de rotation elliptique autour de la terre pour atteindre enfin son positionnement exacte à 24°8 Ouest, 35 800 Km au dessus de l’Algérie.

Nous somme loin des 110 kilos des satellites d’observation lancés par l’Agence Spatiale Algérienne ASAL ces dernières années, on parle là d’une masse de 5 200 kilos et d’une orbite de 35 800 KM et non de 675 Km comme pour la série des Alsat.

Alcomsat 1 a été construit en Chine par China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC) sur la base d’un Bus DFH-4 (un Bus étant le système permettant de contenir de fournir les fixations et alimenter la charge utile qui comporte les équipements de télécommunications).

Le contrat date de septembre 2012 et le lancement aurait-dû avoir lieu en décembre 2016 et a subi des retards à cause de la surcharge du calendrier des vols.

C’est le premier satellite de télécommunication algérien, il dispose de 33 transpondeurs et permettra la diffusion entre 200 et 300 chaînes de télévisions et d’autant de chaînes de radio numériques.

Il permettra aussi la diffusion de l’internet à très haut débit (20 Mb/s) sur la bande KA, qui couvre l’ensemble du territoire algérien et d’arroser en moyen débit (2 Mb/s) les utilisateurs en Afrique du Nord via la bande Ku qui couvrira en plus de l’Algérie le Maroc, la Mauritanie, le Sahara occupé, le Mali, le Niger, le Burkina-Faso, la Libye, l’Egypte, le Nord du Tchad et du Nord Soudan.

Alcomsat 1 émet aussi sur la Bande L et couvre une bonne moitié de l’hémisphère Nord de la terre. Ce qui va permettre d’optimiser la qualité du signal des satellites de géolocalisation (GPS, GLONASS, Galileo) et de diminuer les risques de brouillage ou de détérioration volontaire des signaux.

Ce qui est valable pour internet, la télévision le sera aussi pour les communications radios y compris militaires qui gagneront en autonomie et en flexibilité, ce qui aura un effet positif sur la surveillance du territoire et donnera même à l’armée algérienne les moyens de communiquer au delà des frontières en toute discrétion ou permettra aux drones de parcourir de longues distances et transmettre les données en temps réel.

Le segment sol sera constitué de deux centres de contrôle et de commande redondants, dont un dans les hauts-plateaux. Ils permettront de suivre en temps réel l’état du satellite et de s’assurer de son bon fonctionnement et d’optimiser l’accès aux différents équipements composant sa charge utile.

Et d’un centre d’exploitation du satellite, qui servira de passerelle pour l’émission de données vers Alcomsat.

Ces stations seront opérées par un encadrement uniquement composé d’ingénieurs algériens, civils et militaires.

Alcomsat 1 est-il une bonne affaire pour l’Algérie ?

Les responsables des l’ASAL nous ont affirmé que le choix de la Chine comme partenaire obéissait à une logique de transfert de technologie, car bien que ce soit un achat sur étagère dans lequel les ingénieurs algériens n’ont participé ni à la conception ni à la construction ou aux choix technologiques, ce projet a été très bénéfique pour la formation de la génération qui construira des satellites en Algérie.

Plus de 160 ingénieurs ont suivi un cursus de Master et de PhD dans différentes spécialités relevant de la technologie spatiale dans les universités chinoises de Harbin, Weihai et Shenzen. Et ce sont 162 algériens qui ont bénéficié d’un plan de transfert de savoir-faire et de technologies, dans le domaine des satellites de télécommunication. Ce qui a permis à l’ASAL d’envisager de créer un département télécommunications spatiales et de considérer une conception locale des prochaines satellites de communications.

C’est d’ailleurs le prochain défi que devra relever l’ASAL, seule cette fois. Concevoir et lancer une satellite d’observation à haute résolution (70cm) ce à l’horizon 2020. S’en suivra la conception d’un satellite moyen de télécommunication national.

Sur un plan pratique, Alcomsat 1 pourra être une source de rentrée de devises pour l’économie algérienne, s’il parvient à louer à des clients étrangers les transpondeurs libres pour transmettre de la télévision ou de la donnée internet.

Pour cela il faudra compter sur la création d’un consortium pour la commercialisation des produits et services d’Alcomsat 1 à l’international et en local.

Le satellite permettra de désenclaver de nombreuses régions non desservies par le réseau câble d’Algérie télécom ou par les ondes hertziennes, il donnera aux autorités un moyen de recouvrer les communications critiques en cas de catastrophe naturelles ou humaines et en cas de guerre.

Il faut compter trois à six mois pour la mise en marche définitive des équipements d’Alcomsat1et son entrée officielle en service.

article publié sur Maghrebemergent

http://maghrebemergent.info/high-tech/82917-l-algerie-lance-son-premier-satellite-de-telecommunication-alcomsat-1.html 

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