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A qui devons nous le rapatriement des crânes des résistants martyrs algériens?

Il ne faut pas penser que la récupération des crânes des martyrs de la résistance contre le colonialisme, qui étaient entreposés dans un sous-sol du Musée de l’homme à Paris n’est que le fruit d’une négociation politique ou d’une subite esclandre diplomatique. Cette opération est le résultat du combat de citoyens qui a duré dix ans.

Le premier qui  demandé cette restitution après avoir découvert l’existence de ces crânes, a été l’anthropologue et historien Ali Farid Belkadi, en mai 2011. Il lancera une pétition intitulée “Pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français”. Cet appel avait été lancé un an après le vote, par le Parlement français, d’une loi exigeant la restitution à la Nouvelle-Zélande de toutes les têtes maories détenues en France, Il sera suivi cinq ans plus tard par l’universitaire et écrivain Brahim Senouci. Ce dernier avait lancé une pétition sous forme d’appel de 17 intellectuels et historiens des deux rives de la Méditerranée publié dans le quotidien français Le Monde le 9 juillet 2016 et ayant pour titre : « Les crânes de résistants algériens n’ont rien à faire au Musée de l’homme ».

Cet appel fera beaucoup de bruit et révélera au grand public le scandale que constituait cette collection de trophées de guerre à peine dix ans après le vote de la loi sur les bienfaits de la colonisation.

En novembre 2016 sortait le livre de Mohamed Balhi, Zaatcha, 1849, qui a été l’occasion pour l’auteur de mettre encore une fois sur le devant de la scène.

Fin 2017 Abderrezak Ghedab, président de l’association anti-crime international et militant connu sur les réseaux sociaux, lui-même natif de la région de Biskra, avait adressé une correspondance au Président Macron lui réclamant la restitution de crânes. Il avait reçu une réponse le 19 décembre 2017, lui affirmant que :”le Président de la République [Emmanuel Macron] a accédé à la demande des autorités algériennes qui revendiquaient légitimement le retour de ces restes. Ils pourraient ainsi recevoir une sépulture dans la dignité”.

Du côté officiel algérien il y a eu du chaud et du froid durant ces dix dernières années concernant cette question. le 17 Octobre 2017 par exemple, Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou avait répété, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’immigration, la nécessité d’exiger des autorités françaises des excuses au peuple algérien, l’indemnisation pour les richesses spoliées durant la période coloniale et la restitution des crânes des anciens combattants « pour les inhumer dans les cimetières de chouhada en Algérie ». De son côté l’ancien secrétaire général du RND, aujourd’hui en prison, avait suggéré en octobre 2016 de laisser les crânes des résistants algériens détenus au Musée de l’Homme de Paris en France. «Il est préférable que ces crânes restent en France pour servir la mémoire de l’Algérie sur place», avait-il affirmé, en ajoutant que cette affaire allait servir «à nous distraire».

Sous l’ère du Président Tebboune, il semblerait que les choses aient pris une tournure un peu plus sérieuses, le 8 mai 2020, un de ses proches conseillers, Abdelmadjid Chikhi, avait fait des déclarations sur les différents qui opposaient Alger et Paris et a évoqué le cas des crânes de martyrs algériens. Il cite le dossier épineux « des crânes des martyrs qui ne sont pas restitués, jusque-là, à l’Algérie, à cause de la législation française qui ne cesse d’empêcher cette restitution, bien qu’un accord en ce sens a été convenu ».

En visite en février 2017 en Algérie dans le cadre de la campagne électoral pour la présidentielle française, le président Emmanuel Macron avait déclaré au journaliste Khaled Drarni (aujourd’hui en prison) que le « colonialisme était un crime contre l’humanité » avant de faire quelques gestes après son élection, parmi les quels l’engagement de la restitution des crânes et la reconnaissance de l’assassinat en 1957 du militant algérien Maurice Audin « sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France ».

 

 

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