Washington prépare la remise en service de quatre ravitailleurs KC-10A Extender, retirés de l’US Air Force en 2024, au profit d’un partenaire d’Afrique du Nord. Le Pentagone ne nomme pas le pays. Les indices convergent pourtant vers l’Égypte.
Le 7 octobre, l’Air Force Life Cycle Management Center a publié un avis de recherche de fournisseurs. L’objet est précis : régénérer jusqu’à quatre KC-10 stockés, leur délivrer une autorisation de vol, les remettre au niveau dépôt, les convoyer, puis assurer trois à cinq ans de soutien logistique et de formation des équipages. Le texte indique que ces appareils pourraient être cédés au titre des Excess Defense Articles, le dispositif américain de transfert de matériel excédentaire, à un allié d’Afrique du Nord. Aviation Week a relayé l’intention de l’US Air Force dès le lendemain. The War Zone rappelle que l’avis reste un exercice de planification, pas une vente notifiée.
Deux noms circulent : l’Égypte et le Maroc. Le second est un allié solide, qui aligne des F-16 et dispose déjà d’une capacité limitée de ravitaillement par perche et panier sur C-130. Le premier n’a, lui, aucun ravitailleur dédié. Le Caire reçoit deux C-130J-30 capables d’un appoint en panier, très loin de ce qu’offre un Extender. Surtout, ses F-16 ne se ravitaillent qu’à la perche rigide. Or le KC-10 fait les deux : perche et panier. Pour une armée de l’air qui veut donner de l’allonge à une flotte de chasse nombreuse, sur un théâtre qui va de la Libye à la mer Rouge, le besoin est d’un autre ordre que celui de Rabat.
C’est aussi la lecture des sources israéliennes. Babak Taghvaee, analyste défense souvent bien introduit auprès des milieux militaires israéliens, a affirmé le 8 octobre que Washington avait approuvé la cession de ces quatre appareils à l’armée de l’air égyptienne, et qu’ils lui donneraient une capacité de frappe à longue portée. La formule est forte : un ravitailleur n’est pas un bombardier. Il multiplie en revanche le rayon d’action des chasseurs déjà en service. Que Tel-Aviv suive ce dossier de près n’a rien d’étonnant. Un quatuor de KC-10 changerait le rapport de portée de l’aviation égyptienne, même si Le Caire reste lié à Washington par l’aide militaire et les clauses d’emploi qui l’accompagnent.
Le dernier KC-10 opérationnel a quitté Travis le 26 septembre 2024. La flotte dort à Davis-Monthan, dans l’Arizona. Une loi de finances militaires impose de conserver ces cellules dans l’état de stockage constaté au 30 septembre 2025, tout en laissant ouverte la voie de la cession. Le destinataire paierait la remise en vol et le convoyage. Rien n’est encore signé, et aucun avis du DSCA ne nomme l’Égypte. Mais entre un pays qui n’a pas de ravitailleur lourd et une source proche des Israéliens qui désigne déjà Le Caire, l’hypothèse égyptienne est, à ce stade, la plus cohérente.
MENADEFENSE All about defense from Marrakech to Bengladesh












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