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Les enseignements de l’attaque de Krechba

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Douze heures après l’attaque terroriste avortée contre l’installation gazière de Krechba, dans la région d’El Golea dans le Grand Sud Algérien, quels sont les premiers enseignements à tirer et les hypothèses à prendre en considération?

D’abord les faits tels que rapportés par les différents communiqués officiels émanant du MDN, de BP et de Sonatrach et par nos contacts sur place:

A 06:07 du matin un groupe terroriste composé d’un nombre indéterminé d’hommes a tiré deux roquettes ou obus artisanaux à partir d’une position évaluée à une quinzaine de kilomètres au Nord de l’installation gazière.

Le groupe s’est apparemment au système de défense de la base et a été contraint d’utiliser un Mortier ou un lance-roquettes artisanal pour faire feu sur l’installation. Un témoin sur place nous  a décrit des débris d’un obus ou d’une roquette avec des ailettes. Les travailleurs ne commençant qu’à 6h30, le site était pratiquement vide, néanmoins un jeune responsable algérien, prenant l’air avait entendu le bruit et a même pu distinguer l’arrivée des roquettes, il agira très vite pour provoquer le shutdown d’urgence de l’installation.

L’explosion des deux projectiles n’a provoqué aucuns dégâts, les toits d’un petit bâtiment administratif et celui d’un entrepôt de produits chimiques jouxtant un poste de garde ont encaissé le coup.

Des éléments de l’ANP ont été immédiatement dépêchés sur les lieux pour les sécuriser et procéder aux recherches. Seule ombre au tableau, sauf information officielle, une unité héliportée n’a été vue que trois heures après l’incident survoler les lieux, alors qu’un détachement permanent se trouve à 180 kilomètres de là.

Quelles sont les hypothèses les plus plausibles concernant cette attaque repoussée?

Les organisations terroristes locales dans le Sahara Algérien ont pratiquement cessé toute activité depuis trois ans et le renforcement des effectifs militaires dans le Sud. Le Mouvement des Fils du Sahara pour la Justice Islamique, dont certains membres ont participé à l’opération terroriste de Tiguentourine, on rendu les armes pour la plupart et dissous cette organisation. AQMI quant à elle a limitée ses activités dans le désert algérien à cause de la pression anti-terroriste, la plupart de ses membres se sont réfugiés dans le Sahel ou en Libye.

Il est aussi peu probable que le groupe soit venu du Nord, les distances trop grandes et le dispositif sécuritaire dense dans la région de Ghardaia pose un véritable problème de mouvement aux groupes du Nord, qui n’ont pas l’expérience du désert.

Reste la piste d’une incursion en profondeur d’un groupe affilié à El Mourabitoun et AQMI à partir de la Libye. Bien que le dispositif aux frontières est impressionnant, il est difficile de parler d’échec de l’ANP. Un petit groupe, muni de GPS et roulant de nuit, peut avec une bonne préparation déjouer les mesures de sécurité et progresser rapidement vers l’endroit, tout éloigné qu’il puisse être. En fait, de tous les groupes précités, El Mourabitoune pourrait être celui derrière l’attaque, car ce groupe est en pleine campagne médiatique, surtout après la « Guerre des hôtels » qu’il a lancé en Afrique de l’Ouest et sa fusion avec AQMI et l’action d’aujourd’hui a tout de l’opération médiatique.

Quels enseignements faut-il prendre de cette attaque ratée?

Paradoxalement si cette attaque prouve que la frontière pourrait être perméable et que le déplacement clandestin dans le plus grand désert du monde est encore possible, elle prouve aussi que le système de protection des bases pétrolières et gazières permet d’éviter un second Tiguentourine. Il faut comprendre que le dispositif aux frontière sert surtout à éviter un assaut massif et à maximiser les chances de prise de petits groupes, pour preuve, depuis trois ans pas un jour ne passe sans qu’il y ait des saisies d’armes ou de marchandises de contre-bande.

Il reste que l’ANP doit absolument poursuivre sa démarche de modernisation de ses équipements et compléter en urgence son arsenal de prévention et de lutte contre le terrorisme. L’ANP souffre aujourd’hui d’un manque flagrant d’hélicoptères d’attaque (une partie étant bloquée en Ukraine pour des raisons techniques) et de moyens de vision depuis les airs. Le programme de modernisation des hélicoptères Hip dont l’Algérie détient presque 200, a quasiment été abandonné alors qu’il aurait pu en 2015 permettre à l’armée de l’air de mobiliser une quarantaine d’hélicoptères avec caméras de surveillance. Idem pour les drones, dont la commande traine pour des raisons inexpliquées. La liste est longue et la crise financière qui pointe son nez risque de compliquer encore la situation.

Autre enseignement important, la guerre des mots et des sous-entendus qui divise l’appareil du renseignement de l’armée, depuis les changements opérés au niveau du DRS il y a quelques mois, n’est pas pour unifier les rangs et jouer l’efficacité dans la guerre du renseignement dans la région. Alors qu’à tous les étages de l’appareil politico-sécuritaire l’on appelle à l’unification des rangs, au point de museler de simples tentatives de libre expression; c’est à l’intérieur de l’institution qu’il faudrait fluidifier les échanges et assurer la collaboration de tous dans l’optique de la protection du territoire.

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